J’écris
Quoi au juste?
Des blasons ou des énigmes?
Des métamorphoses ou des bouts-rimés ?
Moi, j’écris je n’en sais pas trop
Je ne me soucie pas du genre
J’écris des vers…
Mais sont-ils des quatrains ?
Ou des vers alexandrins ?
J’écris et je m’en moque !
Qu’ils soient rythmés, croisés ou embrassés
En vers ou en prose j’écris
J´écris
Des petits bouts de poèmes improvisés
Suis-je anti-conformiste ou Libertine ?
Que sais-je ? Seulement j’écris
Je me laisse aller par mes pensées
Ma poésie c’est ma liberté
Je ne suis pas l’esclave du nombre de pieds
D’ailleurs je ne sais pas compter
J´écris
Pour pouvoir mettre des mots sur les maux
Dénoncer à travers mes écrits négligés
Des attitudes redoutées
A travers un flot d’images
Des actions sacrilèges
La violation des valeurs sacrées
J’écris
Et ma poésie se tournoie
Dans le vertige d’une terre secouée
Où la beauté fait place à la laideur
La jeunesse à la vieillesse
La joie à la tristesse
La vie à la mort
J’écris
Et mes vers sont une course
A la recherche du vrai, du vécu
Ma poésie est mon âme et mon arme
Pas de temps pour soigner mon style
Les jours passent vite
Et moi j’ai beaucoup à dire
Aussi écris-je pour décrire mon état d âme
J’écris mon pauvre cœur, mon bonheur
Mes faiblesses et mes souffrances
Mes rêves interrompus, mes projets inachevés
Mes efforts boiteux, mes pas déviés
J’écris ma race déchirée, mon peuple divisé
J’écris ma patrie malaimée, mon drapeau méprisé
J’écris
La vie aux milles splendeurs, aux couleurs d’arc-en-ciel
J’écris pour étancher ma soif, pour me consoler
Ecrire devient ma passion, mon obsession
Les paroles me viennent comme un nuage de fumée
Que je sois endormie ou éveillée
A n’importe quelle heure de la nuit ou de la journée
J’écris
En donnant libre cours a ma muse
Je ne peux réprimer mon seul recours
Car, j’écris pour vaincre ma peur
La peur de dire des vérités qui dérangent
La peur de m’être tromper
J’écris pour me laisser voir au grand jour
Je me suis fait transparente
Pour qu’on lise mes sentiments en désordre
Donc, j’écris pour vous et moi
Des pages pleines de ratures
Puisque je viole certaines règles
Mais je m’assure qu’elles sont lisibles
Sans feu ni chandelle
Elles résument tant de belles choses
Oh oui j’écris
Ceci sous l’éclat du soleil de la terre
Tout en ignorant celui des cieux
Car je veux que ma poésie soit lumière
Pour briller dans la noirceur de nos yeux
Et non science pour percer le mystère des dieux
J’écris
Pourvu que c’est ma destinée
L’art pour laquelle je suis née
En écrivant je me sens femme
J’imite le geste des grands savants
De ce fait écoutez ma supplication
Et c’est ma dernière volonté
Privez-moi de l’oxygène et de l’eau
Des visites quand j’aurai le plus besoin
En prison ou sur mon lit de mort
Mais permettez-moi d’avoir une plume et des feuilles
Donc, enchainez mes pieds et non mes mains
J’écris et j’écrirai encore
Mes romans inachevés
Des sujets non-épuisés
Des mots j’en aurai assez
La Muse – Muselène Carilus
« La poésie n’est pas dans les mots mais ceux que deviennent les mots en atteignant l’âme »
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